L’acquisition d’une moissonneuse-batteuse représente un investissement important, que l’on soit agriculteur ou entrepreneur. Il est donc crucial de passer en revue les différents critères qui permettront d’adapter la machine à ses besoins réels.
A l’approche des récoltes, arrêtons-nous sur les critères de choix à prendre en compte au moment d’acquérir une nouvelle moissonneuse-batteuse. Laissons sur ce point la parole à notre expert : « Il est important de se poser les bonnes questions pour ne pas faire d’erreurs dans le choix de sa machine. Globalement, il existe dans notre pays des disparités régionales assez marquées », expose Geert Cambier, spécialiste Produits de récolte New Holland pour le Benelux.
En Flandre, le parcellaire est plus morcelé et de plus petite taille, ce qui requiert des barres de coupe de taille contenue. La récolte du maïs-grain y est plus implantée, nécessitant une machine d’une puissance supérieure. A contrario, la Wallonie se caractérise davantage par la culture de céréales et des parcelles remembrées. Une demande constante émane toutefois des deux régions, celle de machines d’une largeur inférieure à 3,50 m pour faciliter les déplacements routiers.
Le nombre d’hectares et les types de cultures à récolter doivent évidemment être appréhendés correctement puisque ces paramètres conditionnent la puissance de la machine, le nombre de secoueurs, la capacité de la trémie…
Conserver ou broyer la paille ?
La question de la paille est également centrale dans la réflexion : souhaite-t-on conserver la paille ou la broyer ? « Dans le premier cas, le client préfère généralement une machine conventionnelle, qui ménage plus la paille. Avec une machine à rotors, la paille en sort aussi longue que lorsqu’elle y est entrée mais elle en sort tordue après avoir fait plusieurs fois le tour du rotor. »
Ce souhait d’obtenir une paille la plus intacte possible est bien légitime selon l’élevage qui la recevra en litière mais certaines réflexions à ce sujet déconcertent parfois Geert. « Je pense à certains clients exigeant une moissonneuse-batteuse sortant une paille entière alors qu’ils la récoltent ensuite avec une presse bardée de couteaux qui la découpera finement… Dans pareil cas de figure, il serait probablement plus opportun d’opter pour une machine maltraitant peut-être un petit peu la paille mais procurant des performances supérieures. »
Des engins adaptés à la taille des parcelles
De façon générale, le constructeur écoule davantage de machines à rotors en Wallonie qu’en Flandre. « Ceci tient surtout à la taille des parcelles, plus petites en Flandre. Il faut en effet savoir que, pour fonctionner correctement, une machine à rotors doit être bien chargée, pleinement alimentée. Ceci conduit au choix d’une barre de coupe suffisamment large, supérieure à 7 ou 10 m en fonction de la machine. Une barre de coupe de 6 m, la plus fréquente en Flandre, se révèle beaucoup trop petite pour une CR : avec une telle barre de coupe, les pertes sont plus importantes car la moissonneuse n’est pas assez chargée. »
La taille des barres de coupe augmente également par l’effet des attentes des clients des entreprises agricoles : les machines modernes disposent de capacités supérieures à leurs aînées. « Mais les clients refusent fréquemment que l’entrepreneur roule plus vite lors de la moisson. Ils redoutent alors des pertes de grains supérieures, ce qui n’est pas nécessairement vrai. » Les entrepreneurs décident alors d’investir dans de plus grandes barres de coupe.
« Nos acheteurs portent, par ailleurs, souvent une attention à la valeur de revente de la machine au terme de sa carrière dans la ferme ou l’entreprise : le caisson auto-nivelant et le broyeur de paille sont par exemple deux équipements offrant une plus-value à ce niveau, d’autant plus si la machine est revendue à l’international. Ils sont donc quasiment présents sur toutes les machines neuves vendues en Belgique. »
Pneumatiques ou chenilles ?
Un paramètre important doit également être pris en compte : pneumatiques ou chenilles ? « Les chenilles sont une vraie tendance sur les moissonneuses-batteuses de grande capacité. Elles procurent davantage de confort tant au champ que sur route, réduisent le risque de compaction du sol, permettent de limiter la largeur totale de la machine par rapport aux pneus et assurent un meilleur suivi du terrain de la barre de coupe puisqu’elles sont moins sensibles aux irrégularités du sol. Néanmoins, il est important d’évaluer ces avantages au regard des déplacements à effectuer sur les routes pour rejoindre les parcelles. En effet, si le nombre de kilomètres à parcourir et la vitesse d’avancement sont élevés, les chenilles ont tendance à chauffer, ce qui cause une usure plus rapide et donc des risques de coûts majorés ».
N.H.
